Après avoir parcouru 2500 km de désert et de steppes sur les pistes de la Mongolie, on garde une étrange impression d’infini. Ce pays grand comme 3 fois la France est coincé entre la Sibérie et la Chine et est séparé de celle -ci par la grande muraille sur 5.000 km ; il compte 2,4 millions d’habitants dont 1/3 dans la capitale Ulan Bator, Le contraste est saisissant entre notre mode de vie et celui que nous venons de découvrir.
En effet, ce peuple de nomades a gardé ses rites ancestraux, se nourrissant de viande et de laitages, déplaçant ses yourtes et ses troupeaux au gré des saisons, du Gobi à l’Altaï
Le passage par l’économie marxiste pendant 50 années d’invasion soviétique a laissé des traces évidentes. Les villes construites pour servir de pôle de fixation de la population afin d’exploiter les ressources minières (charbon, cuivre, or) sont laides et tristes. Heureusement le vrai visage de la Mongolie est ailleurs.
La religion bouddhiste lamaïste connaît un nouvel élan après la féroce répression de la période communiste et la destruction complète des temples. Ceux-ci sont reconstruits et la génération actuelle retrouve les traces de son histoire , renoue avec la fête nationale, le Naadam est l’occasion d’honorer les 3 arts virils, la lutte, le tir à l’arc et la course de chevaux. Ils possèdent aussi l’art vocal avec leurs étranges chants diphoniques (capacité d’émettre 2 sons différents simultanément).
Bien sûr, le progrès commence à apparaître ; des lignes électriques traversent une partie du désert et quelques panneaux solaires et paraboles apportent un peu de confort et la vision du monde moderne. La moto sert à se déplacer mais le cheval garde encore une place prépondérante. Ils fabriquent le feutre qui sert à la construction de leurs yourtes ; ils échangent la laine de leurs chèvres cachemire contre les produits de première nécessité.
On ne peut imaginer la Mongolie sans ses cavaliers montés sur leurs petits chevaux, debout sur les étriers, le lasso cinglant les airs pour rassembler les troupeaux.
Le visage traditionnel de ce pays est presque intact. 25 millions de têtes de bétail, chevaux, chèvres, moutons, yacks, chameaux confondus sillonnent la steppe et les prairies.
La faune sauvage, ânes, gazelles, grues, rapaces, cygnes, participent à l’attrait de ces contrées.
On chasse le loup, le mouflon et le bouquetin dans les montagnes. Le léopard des neiges, de plus en plus rare y subsiste encore. Les petits soulsiks, écureuils de terre, surgissent de partout.
Les nomades sont hospitaliers ; ils accueillent le visiteur en lui offrant la boisson traditionnelle ‘’l’airak’’ lait de jument fermenté qui titre 3 à 5° ou le fromage de chèvre , la crème épaisse du lait de vache , le thé au lait de jument. Ils sont très souriants et n’ont pas l’air malheureux. Les enfants sont scolarisés et rejoignent leur famille aux périodes de vacances. Les problèmes de santé sont difficiles à traiter en raison de l’immensité des zones désertiques. Malheureusement , nous n’avons pas eu l’occasion d’observer la vie des citadins mais on connaît, par les reportages télévisés, la situation tragique des enfants des rues.
Pays idyllique pour les amoureux des grands espaces préservés mais vie très dure pour les Mongols, peuple pauvre et qui se relève d’une domination écrasante après avoir lui-même, au 13ème siècle, sous la bannière de Gengis Khan , formé le plus grand empire de tous les temps.
Malgré tout, j’ai trouvé cette terre d’infini à la hauteur de mes rêves.