De
l’Atlantique à la mer Rouge, le Sahara, le plus grand désert du monde, qualifié
du plus beau pour la diversité de ses paysages, s’étend, en partie ou en
totalité sur 10 états : Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Egypte, Soudan,
Niger, Tchad, Mali et Mauritanie.
La république algérienne démocratique
et populaire est le plus vaste pays du Maghreb (4 fois la France) et représente
1/10ème de l’Afrique. Elle se présente comme un immense désert
qui couvre 85% du pays, délimité au nord par une bande de 300 km de large
sur 1.000 le long de la côte méditerranéenne,
très accidentée, où est concentrée la plus grande partie de la population
et de la vie économique et culturelle.
Puis, parallèlement à la côte, s’élèvent l’Atlas tellien,
les hauts plateaux, l’Atlas saharien, le grand erg oriental et le grand
erg occidental et dans le grand sud, le Sahara avec le massif du Hoggar (ou Ahaggar) qui était
un vaste plateau gréseux avant d’être soulevé et fragmenté lors de la phase
volcanique aux ères tertiaire et quaternaire. Maintenant, au centre de ce
massif large de 800 km, la chaîne de l’Atakor dresse ses 3 sommets qui dominent
la région : le Tahat (2.918 m), l’Illamane (2.760m) et l’Assekrem (2.728m)
où est planté l’ermitage du père Charles de Foucauld. La dislocation de
ce géant a donné naissance au Tassili (plateau en langue Tamacheq) du Hoggar
et au Tassili N’Ajjer (ou des Ajjer du nom des tribus touarègues qui habitaient
cette région)
Ces 2 Tassilis, très différents l’un de l’autre, offrent des paysages
fantastiques, variés à l’infini selon la structure des roches, la position
du soleil, la couleur du sable, la saison. Le plus grand musée préhistorique
du monde s’offre à nos esprits éblouis et troublés lorsque nous
découvrons les innombrables traces de nos ancêtres sous forme de
peintures rupestres polychromes et de gravures au tracé délicat sur les
parois des cavernes ou à même le sol sur d’immenses dalles de pierre. Le
Tassili N’Ajjer est classé au patrimoine mondial de l’Unesco pour la richesse
et la diversité de ses témoignages de l’histoire de l’humanité.
Les Touaregs (Targui au singulier, Targua au féminin) sont les habitants
du Sud algérien ; ils descendent de tribus berbères chassées du Maroc
au 11ème siècle et leur nom signifie « les oubliés » . Eleveurs
de chèvres et de dromadaires, c’était des nomades mais beaucoup se sont
sédentarisés et travaillent dans les centres pétroliers et le tourisme.
Ces hommes bleus, appelés ainsi à cause
de l’indigo de leurs vêtements qui déteignaient sur leur peau, ont longtemps
fasciné l’Occident par leur capacité à vivre dans ce milieu hostile.
Quel meilleur moyen pour en avoir une petite idée que celui de passer
quelques jours dans ces contrées infinies, loin du confort et de l’agitation
inutile de notre société de nantis de la planète. Je vous propose une petite
incursion dans ce monde de silence, d’espace et de beauté.
But
du voyage : rejoindre Djanet, dans le Tassili N’Ajjer, par les pistes
du Sud.
Les 4/4 chargés d’eau potable, de
carburant et de nourriture pour 6 jours nous attendent à Tamanrasset,
la « capitale du sud » située sur le Tassili du Hoggar à 1.500
m d’altitude. C’est ici que Charles de Foucault est tué par un rebelle,
dans ce bordj (fortin) édifié par l’armée française
pour protéger le prêtre et ses ouailles. A la sortie de la ville nous admirons
l’université en cours de construction
qui ouvrira ses portes en septembre à 2.000 étudiants africains.
Nous
partons vers le nord-est pour rejoindre l’oasis de Tahifet à 150 km d’ici.
La
piste se faufile au travers d’un paysage de roches,
d’acacias rabougris avant d’arriver dans un canyon qui retient les eaux
dans de petites vasques creusées dans la roche ; ce sont des gueltas. Les ânes attendent leurs maîtres qui
font la lessive dans cette eau
providentielle. Puis nous arrivons au village d’Idilet, dans la petite oasis
de Tahifet. Nous faisons le plein du précieux liquide car ce sera le premier et
le seul point d’eau pour ces 6 jours. Ici les maisons sont emmaillotées dans des bottes
d’herbes séchées afin de les protéger du vent et du sable.
Nous avançons dans le lit d’un large oued
asséché qui nous amène avant la nuit
à notre premier bivouac. Les
tentes installées, le thé au chaud sur les braises, nous pouvons admirer
ce site lun
Au matin, nous repartons en vitesse limitée sur le sable dur de la
piste de Tin Tarabine, truffée d’ornières mais bordée
de belles roches dont les parois
sculptées par le vent prennent des formes fantastiques. Des tables de géants semblent attendre des
invi
Nous sommes dans le Tassili
du Hoggar et cette barrière
rocheuse est fendue d’une unique porte
par laquelle nous devrons passer pour sortir du plateau après avoir parcouru
200 km depuis Tamanrasset.
En dehors des oasis, la végétation est réduite à de maigres touffes
d’herbes, des acacias très épineux, quelques tamaris
pourvoyeurs d’ombre, de rares et chétifs oliviers sauvages, des buissons
de mimosa et de nombreuses plantes médicinales :
armoise, allralachoum, efficace contre le rhume, et bien d’autres
encore.
Une plante rampante portant de petites coloquintes
jaunes, semblables à des balles de tennis, offre ses fruits à qui en voudra ;
peine perdue, aucun animal, même affamé n’y touchera, tant son amertume est insupportable.
Le désert peut fleurir rapidement lorsqu’une averse vient rafraîchir
les plantes en sommeil qui n’attendaient que cela pour éclore. La nature
nous rappelle que le désert n’est pas une étendue vide mais une zone désertique
dans laquelle se rencontrent des hommes et des plantes qui se sont adaptés
aux conditions écologiques difficiles de ce milieu.
Quant a la faune, elle n’est pas très importante non plus ;
une bande de gazelles gracieuses et rapides s’enfuie au loin, quelques ânes
sauvages broutent par-ci par-là ; les oiseaux sont rares eux aussi ;
le plus connu est le moula-moula, traquet noir à tête blanche. Insectes
et araignées sont peu nombreux dans ce désert : des mouches et des
moustiques près des rares points d’eau et des coléoptères, assez curieux
à observer, en particulier ce scarabée noir, haut sur pattes, surnommé
« 4/4 » en raison de sa facilité à grimper à vive allure sur les
dunes les plus escarpées en laissant de belles traces
sur son passage. Les petits mammifères nocturnes, telle la gerboise, trahissent
leur présence en imprimant sur le sable l’empreinte bien caractéristique
de leurs pattes. Peu de scorpions, quelques lézards fouette-queue qui se ventilent
avec cet appendice, d’où leur nom
Nous sommes dans le parc naturel protégé de l’Ahaggar (Hoggar), un
des dix préservant la faune et la flore algériennes et nous découvrons notre
premier site de pétroglyphes sur les parois de cette caverne : girafes,
éléphants et, plus exceptionnel, un fourmilier
à trompe. D’autres animaux sont gravés sur des dalles au sol : rhinocéros, bovidés.
Quand on sait que certains sites datent de 3 millions d’années et
témoignent des premières manifestations humaines et pré-humaines, on est
atterrés de voir le peu de moyens mis en œuvre pour sauvegarder ce fabuleux
patrimoine alors que ce parc est classé pour ses richesses archéologiques
et historiques, sa faune, sa géologie et ses paysages grandioses !
Beaucoup d’atouts pour une seule région.
La piste s’élargit ; dans le sable
mou, au moment de franchir une dune, l’ensablement
est toujours à craindre malgré le savoir-faire des chauffeurs. Quand cela
est possible, le contournement de l’obstacle est la meilleure solution ;
sinon, il faut mettre les planches sous les roues, pousser ou dégonfler
légèrement les pneumatiques. Arrivés sur le lieu du bivouac nous nous trouvons
dans un site grandiose. Le soleil
se couche derrière un décor de forteresse
géante qui n’aura d’égal que la vue matinale du même site.
Nous levons le camp avec
regret mais aussi avec hâte, impatients de découvrir d’autres lieux tout
aussi envoûtants. Une immense plaine
dorée nous fait déjà oublier les heures précédentes. La chaleur et l’immensité
nous fabriquent des mirages
et oh ! miracle, nous pouvons les fixer sur la pellicule alors qu’ils
disparaissent au fur et à mesure que nous avançons !
Nos Touaregs flegmatiques doivent sourire de notre émerveillement,
eux pour qui c’est l’ordinaire de leur quotidien.
Nous roulons dans l’oued Issala ;
nous déjeunons sous l’ombre du plus grand tamaris ; ici existait un
point d’eau, maintenant épuisé, mais la présence de l’arbre justifie l’arrêt
à cet endroit précis car c’est le seul endroit ombragé répertorié pour la
journée !
Le paysage va encore changer ; éboulis de pierres noires, acacias, avant d’apercevoir les premières
dunes. Une petite brise soulève
le sable ; gare aux appareils
photo !! et le soleil déclinant nous offre ombre et lumière sur la
mer de dunes. Au rythme de la descente rapide du soleil sur l’horizon, les dunes changent
de couleur et de relief. C’est un véritable enchantement. La nuit va tomber sur le
campement qui semble être posé
sur une autre planète.
Les 5° de la nuit n’a pas troublé mon sommeil à la belle étoile.
En route pour la grande étendue qui nous amènera aux confins du Niger. Nous
roulons vite, 80 km/h sur cette immensité. Le regard n’a rien pour arrêter
sa course à l’horizon ; on ressent les rondeurs de la planète
et on a l’impression d’être à l’intérieur d’une sphère avec le ciel pour
toiture. On traverse l’oued Tafassasset,
jadis véritable fleuve qui allait se perdre dans le lac Tchad.
Les mirages s’en mêlent ; un rocher se reflète même dans
« l’eau » !
La chaleur commence à se faire sentir, au moins 30° approximativement.
Les Monts Gauthier apparaissent au loin,
émergeant des sables, drapés de rose et de franges de verdure. Un cône de
chocolat vanille nous met l’eau
à la bouche et les sentinelles
noires nous protégeront des rayons brûlants pendant la pause déjeuner.
On quitte les Monts Gauthier pour le nord-est et on longe le tracé des balises posées
par la Sté Berliet lorsqu’elle
venait tester la résistance de ses camions dans ces contrées qui mettent
à rude épreuve les engins motorisés. Nos Touaregs pourraient s’en passer
car ils doivent être dotés de sens
supplémentaires pour voyager dans le désert !
Le sable est gris clair, des pierres éparpillées font penser à une
nécropole.
Et petit à petit les rochers grandissent. L’arrivée à Alidema nous coupe
le souffle ! Ce site grandiose nous évoque une ville en ruines, mais majestueuse. Des piliers de grès, des gardiens immobiles, des arches semblent
garder l’accès d’un lieu hors du temps.
Magique, oui, mais inhospitalier car le vent nocturne s’engouffrant par toutes les issues de ce décor hollywoodien
va venir se jouer des ridicules piquets retenant les frêles abris de toile.
La nuit sera mouvementée pour ceux qui dorment à l’intérieur !
Au petit matin, un peu de marche à pied au milieu du studio géant
pour bien s’imprégner de la grandeur du paysage et les voitures
nous rejoignent. Quelques passages difficiles dans les éboulis des défilés pour aller admirer quelques peintures
nécessitent plusieurs tentatives avant de trouver le chemin favorable. Les
moteurs ronflent, les chauffeurs sont confiants et ils ont raison. Un petit
coup de décompression des pneus et l’obstacle franchit, on repart. La caverne
méritait le détour : peintures polychrome, gravures d’éléphants, de girafes, d’homme à la
lance, d’inscriptions, de buffles,
moutons, de femmes au profil égyptien etc…. ainsi que des fossiles d’herbacés
sur un énorme bloc de pierre.
Nous avons hâte de nous soustraire aux ardents rayons de ce soleil
de mars ; les 4/4 d’un confort très rudimentaire, sont les bienvenus.
Nous n’en croyons pas nos yeux lorsque nous arrivons dans la région
de la Tadrar, située au sud de Djanet, juste avant la frontière du Niger !
Le sable orangé monte à l’assaut des rochers,
les dunes jouent à celle qui
aura les plus belles courbes,
la plus haute crête, les plus belles couleurs, les plus beaux rochers, les plus belles herbes,
les plus belles ombres au crépuscule,
la plus belle virgule, le plus de chocolat praliné et……. un témoin pour nous prouver que nous
ne rêvons pas. Nous quittons peu à peu les dunes pour rentrer à Djanet
Nous avons une vue plongeante sur la
palmeraie. Les grands arbres
abritent les cultures céréalières
et maraîchères ; il fait bon se
promener dans cette fraîcheur bienfaisante et dans les rues de cette petite ville oasis au charme reposant. Surprenante vision que cette
guerba remplie d’eau qui restera
fraîche au soleil.
Nous allons partir à l’est, à la découverte de l’humanité, dans le
Tassili N’Ajjer.
La physionomie actuelle du Sahara date de plusieurs millions d’années
mais auparavant, la faune et la flore y étaient abondantes, comme en témoignent
les milliers de fresques retrouvées. Avant la 2ème guerre mondiale,
Théodore Monod recense les premières gravures ; puis en 1936, le lieutenant
français Brenan fait les premières observations sérieuses et en 1956, Henri
Lhote est chargé, par le gouvernement français, d’établir la liste des représentations
rupestres.
Nous mettons le cap sur Dider, réputé, entre autres, pour son antilope couchée gravée sur la dalle,
dont on retrouve l’image sur les billets de 10 dinars. Nous longeons le Tassili, par la route asphaltée ;
de petits panneaux solaires alimentant les câbles téléphoniques enterrés
jalonnent le parcours, puis nous prenons la piste. A notre arrivée, des
femmes se cachent derrière le puits où elles puisaient l’eau, de peur
d’être photographiées par des touristes indélicats. Seuls les ânes, indifférents, attendent leur chargement
de bidons. Les dromadaires, entravés pour éviter leur errance loin du campement,
s’affolent un peu à notre approche ; il faut rouler au pas.
En escaladant un pan de rocher, nous découvrons une gueltas aux tons magnifiques ; nous
sommes dans le parc protégé
du Tassili. Nous rencontrons quelques bergers sur le plateau de Fadoun où quelques
400 chamelles sont élevées pour la production de lait ; il est d’usage,
chez les Touaregs, de s’arrêter pour proposer leur aide, en cas de besoin ;
un berger souffre d’une rage de dents et les cachets sortis de notre pharmacie
sont les bienvenus. Nous profitons de la halte pour charger du bois mort
sur la galerie ; c’est une denrée rare, nous prendrons juste ce qu’il faut pour faire le traditionnel
thé qui ne sera pas à la menthe, faute de potager tout près ! Le soir,
les Touaregs font cuire la galette de pain dans un trou creusé dans le sable et recouvert de braises ;
une fois prête, il la lave et la découpe en petits morceaux dans un bouillon
aromatisé ; quelques dattes séchées et plusieurs verres de thé constituent
un repas typiquement saharien.
Le lendemain, changement de décor. Un peu de route goudronnée,
puis rapidement nous empruntons la piste. Encore de belles gueltas dans l’oued que nous parcourons à pied pour atteindre la caverne dont les parois ocre sont recouvertes de peintures rupestres. Les 4/4 repartent à l’assaut du chemin entre les rochers ; nous arrivons sur le site de Tasset. Nous déjeunons à proximité
d’un campement nomade. Très vite les enfants viennent nous
proposer du lait de chamelle puis s’installent, après y avoir été
invités, auprès de nos guides pour partager un peu de leur repas. Ils nous
demandent de venir jusqu’à leur bivouac pour leur prodiguer quelques soins ;
nous acceptons volontiers et munis de nos pharmacies, nous soignons quelques
petites plaies ne nécessitant pas de connaissances particulières. Des équipes médicales sillonnent
le désert, de campement en campement, mais les moyens sont faibles au regard
des besoins.
Ici, personne ne se cache et adultes et adolescents sont
ravis d’être photographiés et de recevoir un cliché de leur portrait ou
de visionner sur nos appareils numériques nos prises de vues. Tout le monde
rit ; nous les soupçonnons un peu de se moquer de notre accoutrement
d’européens ! Nous quittons le campement et roulons dans un dédale
d’éboulis de cailloux pour déboucher tout à coup sur un paysage surprenant ; nichée au pied de ces
profondes gorges, apparaît la
palmeraie d’Ihérir. Nous dormirons
ce soir dans les zéribas, sur
l’aire d’accueil pour les touristes.
Cette oasis, sans aucune ressource, est surtout connue pour
ses magnifiques gueltas que
nous longerons en remontant le canyon à pied. Ce canal naturel est bordé
de lauriers roses, de palmiers, de petites cavités, de roches colorées.
Les maisons du village saisonnier d’Idarhen sont construites en pierres et en tiges de palmiers séchées ;
on les devine au milieu de ce
dur paysage minéral. Les dattes
sont stockées dans des silos
qui seront recouverts d’une bâche
lorsqu’ils seront pleins. Une fois la récolte terminée, les habitants regagneront
les maisons de l’oasis.
Nous devons gravir la falaise pour rejoindre nos véhicules
tout en haut où le déjeuner nous attend. Après une pause salutaire nous
reprenons la route. Passage à l’ancien Fort Gardel (1.120 m) rebaptisé Zaouaten
Laz, où les nomades sédentarisés sont logés dans de petites maisons neuves.
Puis retour sur Djanet en longeant l’erg d’Admer. Beau paysage de roches
émergent des sables. Une nuit
à l’auberge et départ pour la dernière étape de 3 jours au cœur du Tassili.
L’erg d’Admer nous offre la douceur des courbes de ses cimes de sable doré ou rose selon l’heure. Le
site de Tiras, restes d’une table érodée, dresse ses rochers au milieu des sables roses. On croise une caravane de touristes ; c’est la
première que nous rencontrons. Pas de problème de durite pour eux
alors qu’il n’en est pas de même pour nous.
Mais qu’est-ce qu’un bout de tuyau
à changer pour nos Touaregs ? Bagatelle ! 1 heure plus tard tout est fini.
Nous installons le camp au pied des sentinelles géantes,
monstres tapis dans les dunes
ou dominant le tapis vert étalé
à leurs pieds Le vent se lève et
soufflera par rafales pendant la nuit.
Le soleil matinal allonge les ombres sur le sable. Petite
ballade à pied autour de l’arche
de Tikubaouine. Le circuit continue
dans l’oued qui nous amène au début du canyon où quelques familles touarègues élèvent de petites
chèvres noires ; un peu plus loin, de gigantesques
lauriers roses gardent la vallée
d’Issendilène, chère à Roger
Frison Roche qui titra un de ses
récits « Rendez-vous à Issendilène ». Après une bonne heure de
marche, on découvre l’origine
de ce miracle végétal. Une magnifique guelta aux eaux limpides et fraîches.
Une belle surprise, d’un tout autre genre, nous attend encore :
les dunes de l’erg Admer. Les 4/4 grimpent le plus haut possible. Une irrésistible
envie de courir, pieds nus,
dans ce sable fin, nous pousse sur les crêtes. C’est l’immersion complète dans
l’erg. On domine la mer de dunes
au soleil couchant et les tons changeants du sable
plissé par le vent, les arêtes bicolores, la tôle ondulée, les cratères pacifiques, les cuvettes parsemées
de touffes vertes et le soleil
qui disparaît enfin après avoir jeté tous ses rayons sur cette merveille
de la nature.
Et l’éblouissement continu au petit matin ; ce sont bien
ces dunes que nous avons contemplées la veille et pourtant elles sont incomparables.
La couleur, les ombres,
les traces des habitants de la nuit, les hardis qui se rencontrent à la croisée
des chemins, et les timides, les circonvolutions du sable capricieux, tout est différent. Vous
l’aurez compris, si vous avec eu la patience d’arriver jusqu’ici, le désert est exaltant par sa beauté
et son mystère.
Il faut bien quitter ces lieux magiques et la route continue
vers d’autres spectacles. Mais incontestablement, c’est cet erg Admer, de
dimensions modestes au cœur de cet immense Sahara, qui m’a le plus fascinée.
La dernière étape nous fera découvrir un tombeau pré-islamique dans les environs
de Djanet. Nous continuons dans une vallée bordée de sentinelles de grès et de barrières rocheuses au pied desquelles
un campement nomade, très pauvre,
nous fait prendre la mesure des conditions d’existence de ces éleveurs.
Un éléphant de
grès, sculpté par la nature, est impressionnant de ressemblance !
Encore un oued immense,
prêt à recueillir les eaux des prochaines pluies. Les roches
noires plongent dans le sable rose et ocre sous le soleil de midi qui
écrase les couleurs. Et pour terminer, visite incontournable du site de
« la vache qui pleure », célèbre fresque
rupestre, parmi des milliers.
Ces quelques 2.000 km parcourus sur les pistes du Sud ne
nous ont fait découvrir qu’une infime partie de toutes les beautés que recèle
ce Sahara algérien. La porte est ouverte pour d’autres aventures.
CULTURE - LOISIRS
LE
GRAND SUD ALGERIEN
Mise
à
jour le
29/08/06