L'abbé SICARD

 
Mise à jour le 12/12/06

 



 

 

 



              
L'abbé Sicard, de son vrai nom, Roch-Ambroise CUCURRON, nait, au Fousseret, le 19 septembre 1742. Après des études à Toulouse, il entre dans les ordres. A partir de 1785, il dirige l'école des sourds-muets de Bordeaux, charge qui lui a été confiée par l'archevêque de cette ville, après qu'il ait été initié aux méthodes de l’Abbé de l’Épée, fondateur de l’Institut des jeunes sourds de Paris.
              En 1789, à la mort de ce dernier, Sicard devient le directeur de cette Institution. La période révolutionnaire met à rude épreuve le nouveau chef d’établissement. Non seulement il maintient cet établissement en activité, mais il améliore les techniques de communication pour les jeunes sourds. Dénoncé comme prêtre réfractaire, incarcéré à l'Abbaye le 10 août 1792, Sicard échappe de peu à la mort pendant la période sombre des massacres de septembre. Finalement libéré, il est nommé professeur de grammaire à l’École Normale, en 1794. Il devint membre de l’Institut le 20 novembre 1795.
              Ses aventures politiques sont loin d'être achevées, il est arrêté pour espionnage au profit de Louis XVIII puis proscrit par Bonaparte. Il est condamné à la déportation en Guyane, le 18 Fructidor, voyage duquel peu de condamnés revinrent, il s'échappe et se réfugie dans le Faubourg Saint-Marceau, proche de son Institution. Il se cache pendant deux ans, jusqu'au 18 brumaire, il en profitera pour écrire un volumineux traité d'instruction des sourds-muets de naissance.
              Sa condamnation levée au début de 1800, Sicard peut reprendre sa place. Réélu à l'Institut, le 24 juin 1801, il en deviendra, même secrétaire. En 1803, il est élu au fauteuil 3 de l'Académie Française où il fera partie de la Commission du Dictionnaire. Il célèbrera la messe de saint Louis devant l'Académie de 1816 à sa mort. Très en faveur auprès de Louis XVIII, Sicard obtient de nombreux avantages de la Restauration : la croix de la Légion d'honneur, l'administration de l'hospice des Quinze-Vingts et le ministère de chanoine honoraire de Notre-Dame de Paris. Il meurt à Paris, le 10 mai 1822, il repose au cimetière du Père-Lachaise.
              Ainsi s'achèvent quatre-vingts ans d'un parcours mouvementé traversant les périodes les plus sombres de la Révolution pour s'achever dans les fastes de la cour d'un roi qui n'avait rien compris. Ses détracteurs pourraient parler d'une quête de notoriété, de nombreux ecclésiastiques s'y distinguèrent dans cette fin du XVIIIème siècle, ses admirateurs retiendront qu'il contribua à l'élaboration du langage des sourds-muets. Sa pédagogie, ses ouvrages, eurent un grand retentissement en Europe et en Amérique où l’un de ses anciens élèves de l’INJS de Paris participa à la création de la fameuse Université Gallaudet de Washington. Pour cela, le nom de l'abbé Sicard est plus connu outre-Atlantique que dans son Europe natale.

Les oeuvres de l'abbé SICARD
1789 - Mémoires sur l'art d'instruire les sourds-muets de naissance, 2 vol.
1796 - Manuel de l'enfance
1796 - Catéchisme à l'usage des sourds-muets
1799 - Éléments de grammaire générale appliqués à la langue française, 2 vol.
1800 - Cours d'instruction d'un sourd-muet de naissance
1805 - Journée chrétienne d'un sourd-muet
1806 - Relation historique sur les journées des 2 et 3 septembre 1792
1808-1823 - Théorie des signes pour l'instruction des sourds-muets, 2 vol.
1811 - Rapport sur le Génie du Christianisme de Chateaubriand
1816 - Opinion sur l'ouvrage ayant pour titre : Les Images
          Le visage de l'abbé Sicard est passé à la postérité par quelques gravures, tableaux ou statues, deux tableaux sont conservés à Versailles, on peut voir un buste sur la promenade du Picon au Fousseret, ce monument fut inauguré en 1922, centenaire de sa mort. Une plaque a été apposée sur sa maison natale, face à la halle.