Avertissement
            Avant que vous ne lisiez le texte qui suit et pour éviter des remarques sur le manque d'objectivité de son contenu, je veux être très clair : une partie est destinée à informer, une autre à donner une direction qui me semble juste. C'est une liberté que je considère comme incontestable dans son principe, seules les idées peuvent être débattues.

Ne pas se tromper...   
            Les compétences du Conseil Régional          
             La région est une collectivité jeune, elle a été créée par la loi de décentralisation du 2 mars 1982 dite Loi Deferre. Cette loi a mis en place une assemblée, un exécutif et a doté la région d'un budget propre. A ce titre, elle peut être mise au même niveau que les provinces espagnoles ou les landers allemands : la région est une subdivision à l'échelle européenne.
            Avec sa mise en place, la région a acquis des compétences qui étaient auparavant exercées par l'Etat :
                        - en 1983, l'apprentissage et la formation professionnelle,
                        - en 1986, la construction, l'entretien et le fonctionnement des lycées,
                        - en 2002, le développement économique et le transport régional ferroviaire.
            La nouvelle loi qui va entrer en vigueur va encore élargir ces compétences.
            En matière d'éducation et de formation, la région va devenir l'interlocuteur unique pour la formation professionnelle et l'orientation, l'influence sur le fonctionnement des lycées va s'accroitre, les personnels techniques, ouvriers et de service des lycées vont dépendre de la région, et un projet de loi sur l'autonomie des universités est en préparation...
          Pour la santé, la région participera à la définition des schémas régionaux d'organisation sanitaire et au financement des hôpitaux.
            Pour la vie économique, la région, déjà chargée des aides aux entreprises, aura la responsabilité des grandes infrastructures telles que les aéroports, ainsi que du tourisme.
            Ce transfert de compétences n'est pas anodin, le budget des régions va enfler et il n'est pas certain que les ressources promises qui devraient être transférées, soient suffisantes pour financer toutes les activités de la région. Les choix qu'effectuera l'assemblée régionale auront un impact important sur notre vie quotidienne. Il ne faut pas se tromper, la région a vocation à prendre de plus en plus d'importance, il est indispensable de participer à la désignation de ceux qui prendront les décisions pendant 6 ans. Il faut aller voter le 21 et le 28 mars 2004 !
            Quelques précisions sur ces élections

           Le 21 et le 28 mars, nous allons élire les conseillers régionaux : 91 pour Midi-Pyrénées. Les conseillers régionaux éliront à leur tour le président, qui dirigera le Conseil régional pour six ans.
           C'est un scrutin de liste régionale à deux tours. Chaque liste est menée par une tête de liste, les candidats sont répartis en sections départementales sur le bulletin de vote (8 en Midi-Pyrénées). Sur une liste, le nombre de candidats est égal au nombre de conseillers régionaux augmenté de 2 par département (107 pour Midi-Pyrénées). Ce surplus permet de remplacer les conseillers démissionnaires ou décédés, il ne doit pas y avoir d'élection régionale partielle. La parité hommes/femmes est respectée sur chaque liste.
           Pour voter, il faut utiliser un bulletin sans rature ni panachage ce qui rendrait le vote nul.
           Au soir du 21 mars, si aucune des listes n'a obtenu la majorité absolue (plus de 50% des suffrages exprimés), c'est le second tour qui désignera les conseillers régionaux. Pour y participer, une liste doit obtenir au moins 10% des suffrages exprimés. Si une liste a obtenu au moins 5% des suffrages exprimés, elle peut fusionner avec une autre liste qualifiée pour le second tour. Une liste qui a obtenu moins de 5% de suffrages exprimés est éliminée.
           Après le second tour, le nombre de conseillers de chaque liste sera calculé en combinant la représentation proportionnelle et majoritaire : la liste qui arrivera en tête obtiendra un avantage de 25% des sièges (23 sièges pour Midi-Pyrénées). Les sièges restants seront répartis à la proportionnelle à la plus forte moyenne, entre toutes les listes ayant obtenu au moins 5% des suffrages exprimés au second tour. Un calcul permettra de répartir les sièges entre les départements.
           Le vendredi 2 avril, le Président du Conseil Régional sera élu par les conseillers. Ce texte vous a peut-être paru long mais, il ne faut pas se tromper, le mode de scrutin, modifié pour ces élections régionales, est destiné à donner une majorité confortable et donc incontestable pendant 6 ans, à ceux qui l'auront emporté. C'est une raison supplémentaire de voter le 21 et le 28 mars 2004.
           Ceux qui veulent de plus amples renseignements peuvent consulter le site de la région Midi-Pyrénées.
           Voter pour qui ?
            Les documents que vous avez reçus vous ont confirmé que le premier tour verrait s'affronter sept listes. Ce nombre exclut qu'une d'entre elles puisse réunir la majorité absolue, un deuxième tour aura donc lieu en Midi-Pyrénées. De quoi sera-t-il fait ?
     Il est probable que les listes UMP et UDF fusionneront et que les barons locaux tairont provisoirement leurs divergences.
      Le score de la liste FN atteindra-t-il les 10% qui lui permettrait de se maintenir au second tour ? Un taux d'abstention élevé contribuerait à cela, voilà une raison supplémentaire d'aller voter.
      La liste Alternative et la liste LCR-LO pourraient, elles aussi, flirter avec la barre des 10% alors que la liste menée par Martin Malvy devrait arriver en tête au premier tour.
Qu'on le souhaite ou le regrette, le deuxième tour sera un affrontement droite-gauche.
            Si les listes Alternative et LCR-LO sont plus soucieuses d'obtenir une représentation, même ultra minoritaire, que d'affirmer leur rejet de la politique de la droite, la coalition UMP-UDF pourrait bien arriver en tête au soir du 28 mars et être majoritaire en sièges bien que très minoritaire en suffrages. Entre les deux tours, l'attitude de la liste Malvy à l'égard de ceux qui auront, tout de même, été désignés par des électeurs de gauche, elle-aussi, sera déterminante.
           Chacun devra privilégier les objectifs communs plutôt que les divergences aussi importantes soient-elles. Si les appareils n'en sont pas capables, il restera aux électeurs à leur monter le chemin. Là encore, il ne faudra pas se tromper.



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